Le changement induit une modification, un passage d’un état à un autre. L’inconnu, l’incertitude et le renoncement y sont donc inhérents. C’est pourquoi, même s’il est choisi et positif, il suscite la peur (pour en savoir plus, voir article sur l’anxiété) et génère de la résistance.

Pourquoi le changement génère de l’anxiété?

  • parce que la peur peut se déclencher de façon inappropriée si nous faisons une mauvaise interprétation de la situation vécue, imaginée ou projetée (voir texte sur les émotions)
  • parce qu’il inclut une part de risque et de non contrôlable.

Ce niveau d’anxiété est propre à chacun. Aux extrêmes, là où certains verront une forte menace et seront immobilisés, d’autres verront un défi motivant. Certains ressentiront un peur « normale » qui n’empêchera pas la mise en action.
En fonction de notre niveau de sécurité intérieure et donc de notre degré d’anxiété, nous serons plus ou moins à même d’oser le changement et de nous projeter positivement.

Les freins au changement

L’habitude

Notre cerveau dispose de cette faculté à créer des habitudes.
Il tend à vouloir les conserver, étant agi par un instinct de conservation et de protection. Nous aimons ce que nous connaissons et avons tendance à y revenir spontanément.
Ces habitudes nous facilitent la vie, nous donnent des repères. En effectuant des taches de façon automatique, nous gardons de l’espace libre pour effectuer d’autres tâches qui demandent plus de sollicitation. Si les habitudes nous libèrent, elles peuvent aussi nous limiter quand elles deviennent rigides. Nous pouvons alors devenir des automates de notre vie.

Les peurs

Elles sont multiples

  • La peur de l’échec, de faire le mauvais choix
    L’analyse transactionnelle définit la notion de gagnant et perdant.
    Le gagnant n’est pas celui qui réussit tout ce qu’il entreprend mais celui qui sera ce qu’il fera s’il perd (il accepte l’hypothèse de l’échec, en tient compte) et le garde pour lui.
  • L’incertitude, l’inconnu et donc la prise de risque
  • La peur du regard de l’autre

Ces peurs s’associent à deux tendances naturelles :

  • Chercher à éviter la perte plutôt que voir le gain
  • Être dans l’économie psychique. Logiquement, nous préférons éviter les facteurs de stress en restant dans notre zone de confort

Les injonctions et les loyautés familiales

Au cours de notre vie, nos choix sont orientés par notre environnement et notre éducation. Arrive un moment où nous pouvons ressentir le besoin de les questionner. Était-ce mon désir ou celui de ma famille, de la société ? Quand la réponse nous fait prendre conscience que nous avons agi en fonction des autres et qu’un changement est nécessaire, il faut parfois se confronter au désaccord ou au jugement.
Ex : Mme X a toujours rêvé d’être institutrice. Sa mère avait un autre projet pour elle. Elle la voyait cadre dans un grande entreprise et avait beaucoup de mépris pour les professeurs. Mme X a obéi à sa mère, pour qu’elle l’aime, pour lui faire plaisir. Pendant 15 ans, elle a occupé des postes de direction mais n’a jamais été heureuse et ne s’est jamais sentie à sa place. A 40 ans, elle décide d’affronter sa mère et entreprend la formation d’institutrice.

La méconnaissance

Un manque de connaissance de soi et de son désir alimente la peur : de faire le mauvais choix, de ne pas être à la hauteur…
Pour se projeter positivement dans ce qui n’existe pas encore, il est nécessaire de savoir qui l’on est et ce qu’on veut vraiment.
Malheureusement, notre désir profond peut être caché, bloqué ou rendu confus par des couches successives d’interdits, de jugements, de peurs, d’ambivalence, d’injonctions contradictoires, de croyances sur soi, les autres, le monde…

Trois résistances et trois remèdes

  1. Les habitudes :
    Certaines sont nécessaires, d’autres ankylosent le corps et esprit.
    Comme notre cerveau a été capable de les créer, il a la capacité d’en inventer et adopter de nouvelles plus adaptées.
  2. La peur :
    Le remède à la peur est l’envie et l’audace.
    En intégrant que l’on a plus à gagner qu’à perdre, on ose la prise de risque.
    Il ne s’agit pas d’éradiquer la peur, mais de la mettre à côté de soi pour faire preuve de courage.
    Le climat de confiance dans lequel pourra s’opérer le changement favorisera la prise de risque.
    Par exemple, certaines entreprises favorisent ou non la prise d’initiative en laissant ou non le droit à l’erreur.
  3. La méconnaissance :
    Pour opérer un changement, il est nécessaire de pouvoir le définir et se connaitre.
    Un travail d’introspection aidera à identifier son désir, ses valeurs, ses motivations mais aussi les freins qui peuvent les accompagner.

Le besoin de changement permanent

A l’inverse, certains sont dans un désir permanent de changement.
Cela peut exprimer :

  • une incapacité à ressentir de la satisfaction une fois que les choses sont acquises
  • une quête d’un idéal de vie et de soi jamais atteignable
  • une recherche d’intensité permanente pour se sentir vivant
  • une peur de vivre. Face aux angoisses existentielles inhérentes à la condition humaine (la finitude, la solitude, la quête de sens, la responsabilité, l’imperfection), être dans le mouvement permanent permet d’éviter de s’y confronter.
  • une difficulté à accepter la frustration.

Il peut s’agir d’une forme d’immaturité (refus de la frustration, idéalisme) ou d’une fuite en avant pour éviter les émotions négatives inévitables que peuvent engendrer les évènements de la vie.

Que peut apporter un psychologue ou un coach ?

Le psychothérapeute ou le coach ne peuvent pas faire le chemin à votre place mais ils peuvent être à vos côtés dans les moments de peur et de doute. Ils vous aident à solliciter vos ressources parfois méconnues.
Comment ?

  • par un travail d’introspection : pour se connaitre et définir ce qu’on veut et pourquoi.
  • par la définition des étapes du changement
  • par un soutien au cours de ces étapes, pour maintenir la motivation ou persévérer dans l’acquisition de nouvelles habitudes